Ma dernière sortie au rocher de Mutzig, le samedi 22.11.14

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Ma dernière sortie au rocher de Mutzig, le samedi 22.11.14

Message  Thierry Rebmann le Lun 24 Nov 2014, 23:12

Temps frais mais beau au départ de Wisches gare à 9h. Très vite nous passons après le hameau du Netzenbach au dessus des brumes encombrant la vallée de la Bruche, pour profiter d'un agréable après-midi ensoleillé et chaud à la cabane des Juifs, puis au rocher de Mutzig et Porte de Pierre, retour à Wisches à 17h (22 km). Clichés pris depuis le Rocher de Mutzig le plus haute sommet tabulaire des Vosges gréseuses (1010 m, vue vers le Noll-Narion et Grande-Côte de Wisches). Dans les brouillards le Val de Bruche.









Ces promontoires des grès vosgiens à graviers et dragées de galets de quartzites des séries du Grès vosgien de faciès germanique Buntsandstein. Le Grès supérieur terminal granuleux à graveleux (affleurements du secteur du Noll - Narion - Rocher de Mutzig - Porte de Pierre) et Conglomérat principal à galets (ou poudingue de faciès type Ste-Odile) constituent ces entablements gréseux armant les sommets régionaux. Ce sont des témoins isolés persistant sur les sommets, indiquant d'anciennes couvertures sédimentaires du Trias et qui couvraient autrefois entièrement la région avant d'avoir été entaillées par les érosions prépondérantes au Tertiaires en milieu chaud et sec, aride,  et les glaciations quaternaires successives (BDRMW*). Elles sont donc au sens de la géomorphologie qui étudie les formes du relief terrestre et leur évolution au cours du temps, les fameuses "buttes témoins" des géographes. L’appellation des géologues pour ces mêmes formations lithologiques est "reliefs résiduels" ce qui a le mérite d'être moins générique et plus descriptif.
Ces photos prises depuis le sommet en entablements tabulaires gréseux du Rocher de Mutzig montrent une couverture de blocs diaclasés par la pesanteur (appel au vide > décompression de la roche). Ces blocs ont été peu à peu démantelés sous l'action de l'eau (érosion alvéolaire), l'abrasion mécanique en cupules dues à l'eau et au gel, et une altération physico-chimique due aux êtres vivants lithophages (bactéries, lichens, mousses), ayant favorisé l’altération puis le diaclases des blocs. Certains blocs du bord de la formation se sont désolidarisés de l'ensemble, puis ont glissé par gélifluxion et solifluxion sur des versants de 25 à 30° de pente, en grands blocs cubiques, descendus vers le bas de versant aujourd’hui végétalisé et stabilisé. C'est là, la forme d'érosion normale dans ces grès et qu'on retrouve aussi au Mont Sainte-Odile et au Climont sous couvert forestier par ex.. Les pentes dans ces formations gréseuses arborent une forme géométrique à versants inclinées de 25 à 30° et d'allure pentagonale, sommés de blocs ou formations tabulaires de couvertures lithologiques gréseuses. Ainsi le nom "Climont" étymologiquement  "clivius mons" fut nommé "la montagne aux pans inclinés", il y a 2000 ans par les romains pour sa forme géométrique et symétrie.

*BDRMW = glaciations du Quaternaire: Bieber, Donau, Riss, Mindel, Würm.

Confer: carte topographique au 1/25000 du secteur

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